Published on Mon, July 5, 2021 by Finishers
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Robert «Raven» Kraft

Tu te souviens de cette scène dans Forrest Gump dans laquelle le personnage joué par Tom Hanks se lève de son fauteuil pour débuter un run qui n’en finira plus ? Le futur nous révélera peut-être que l’écrivain américain Winston Groom, auteur du livre éponyme qui sera ensuite adapté au cinéma (1994) avec le succès qu’on lui connaît, s’est inspiré, entre autres, de Robert « Raven » Kraft pour composer un morceau de l’histoire rocambolesque de son personnage.

Qui est ce fameux Robert ? Qui est cet homme barbu au regard perçant, aujourd’hui âgé de 70 ans ? Le « corbeau », comme il a été surnommé par un ami pour son amour du noir, court tous les jours 12 kilomètres sur la plage de Miami... depuis 45 ans ! Qu’il pleuve, qu’il vente, que Robert soit malade ou pas, rien ne peut l’empêcher de réaliser son run quotidien. D’accomplir sa mission. Si tu veux connaître la sensation de courir au milieu d’un ouragan devant une mer déchaînée, cours vite en Floride rejoindre le phénomène, Robert a connu plusieurs fois l’expérience... Rien ne l’arrête. Les chiffres sont vertigineux et on lui laissera volontiers : plus de 160 000 kilomètres courus, 13 000 jours consécutifs de pratique...

Courir c'est se sentir bien dans son corps et dans sa tête.

Pour ce coureur si particulier, refusant notamment la compétition, tout débute dans les années 70 quand il quitte Miami et le foyer familial pour tenter sa chance dans la capitale musicale qu’était Nashville. Le jeune musicien est doué et a des ambitions. Un jour, il entend à la radio une de ses compositions. Sans en être crédité. Le réveil de ce rêve musical est brutal. Robert rentre en colère en Floride, et cherche quelque chose pour remplir sa vie comme seules la musique et l’écriture étaient capables de le faire. Ce sera la course à pied, sur le conseil d’un ami. Depuis, Robert Kraft ne s’est jamais arrêté, surpassant tous les avis médicaux concernant son état physique. Une quête devenue quasi mystique et dont il partage l’intimité avec tous les coureurs l’accompagnant quotidiennement. Ils sont nombreux les témoignages de personnes qu’il a aidé, écouté, accompagné... Pour lui, courir c’est avant tout se sentir bien dans son corps et dans sa tête. Loin des chronos. Près du cœur. Une de ses « fans », l’écrivaine Laura Lee Huttenbach, lui a consacré un livre : « Running with Raven ». Robert l’a par ailleurs surnommé « White Lightning », soit l’éclair blanc, lui qui donne des surnoms à tout va.

En 2020, « Raven » a encore fait parler de lui, pour une raison que personne n’aurait pu imaginer. La plage étant fermée au public à cause de la pandémie, il a dû se résoudre à courir dans les rues de Miami. Au grand dam de ses genoux, de son dos, habitués à la souplesse du sable... Après une dizaine de jours de ce traitement, son corps montrait déjà de gros signes de souffrance. Alors, avec le soutien de nombreux habitants de la ville et profitant de son aura, Robert a pu obtenir de la ville le droit de retrouver sa plage chérie.

Je ne sais pas pour toi, mais si je passe à Miami, je prendrais le temps de courir 8 miles avec Robert « Raven » Kraft. Pas pour participer à ses records, mais bien pour avoir la chance d’être traversé par son regard et ses rêves.

Rendez-vous aujourd’hui à 17h30 à South Beach, sur la cinquième rue. Tu y retrouveras Robert « Raven » Kraft, accroché à son rêve et à la vie.

Écrit par Charles-Emmanuel Pean

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